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Extraits du dossier de presse


Le Centre Photographique d’Ile-de-France est heureux d’accueillir la seconde exposition monographique d’envergure en France de Guy Tillim, figure incontournable de la photographie contemporaine sud-africaine.


Après avoir présenté les séries Jo’burg et Avenue Patrice Lumumba en 2009 à la Fondation Henri Cartier-Bresson à Paris, Guy Tillim dévoilera de manière inédite en France dans les espaces du CPIF le projet Second Nature, qui rassemble deux séries réalisées en Polynésie française et à São Paulo entre 2010 et 2011.

Cet ensemble explore la capacité de la photographie à restituer le paysage, naturel ou urbain, en convoquant une problématique inhérente à la représentation du paysage : « Dans quelle mesure fabrique-t-on une scène et dans quelle mesure la laisse t-on s’exprimer pour ce qu’elle est ? »










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Exposition du 15 septembre au 22 décembre 2013. Centre photographique d’Île-de-France, Cour de la Ferme Briarde, 107 avenue de la République - 77340 Pontault-Combault. Tél : +33 (0)1 70 05 49 82. Entrée libre du mercredi au vendredi de 10h à 18h, samedi et dimanche de 14h à 18h. Fermé les jours fériés.

  Guy Tillim, Second Nature

  Centre photographique d’Île-de-France, Pontault-Combault

  15.09 - 22.12.2013

Depuis la fin du XVIIIe siècle et les voyages du capitaine Cook, le paysage de Polynésie a été continuellement esquissé, puis photographié – sûrement parce qu’il se dérobe à toute représentation convaincante. Quand il photographie le paysage, Guy Tillim se donne pour objectif de « faire face à la difficulté de le voir pour ce qu’il est vraiment – un espace qui change de visage le temps d’un regard ou du spectre d’une pensée1». Plus qu’une représentation par le détail ou par la monumentalité, il cherche à fixer l’espace entre les deux, un espace où la nature se révèlerait familière, où chaque élément s’exprimerait sans hiérarchie. Comme un contrepoint moderniste à ses photographies de Polynésie, Guy Tillim a voyagé à São Paulo – une ville largement filmée, photographiée, décrite. Ici aussi, il a cherché une nouvelle façon de photographier cette ville dont on a pu dire que « l’absence totale de personnalité est devenu sa personnalité. » Guy Tillim approche ce paysage urbain comme il approche la nature polynésienne : « Je montre une sorte de zone indéterminée. Les choses que nous ne remarquons pas, parce qu’elles sont communes, contribuent autant au paysage que les autres2 ».

1. et 2. Citations extraites du livre Guy Tillim, Second Nature, Prestel, 2012

Second Nature I

Mélanie Bouteloup, extrait communiqué de la Triennale Intense Proximité au Palais de Tokyo


Photographe pour l’AFP et l’Agence Reuters dans les années 80 et 90, et très actif pendant les dernières années de l’apartheid, Guy Tillim s’est éloigné du photojournalisme après les années 2000 pour se tourner vers des sujets non ancrés dans l’actualité, et réaliser un travail documentaire d’une grande force visuelle et historique.


Second Nature, un de ses derniers projets composés en deux parties, s’inscrit dans cette continuité. Entre décembre 2010 et mars 2011, Guy Tillim part photographier le paysage de Polynésie française. À la suite de l’explorateur britannique, le capitaine James Cook, et plus d’un siècle après le peintre Paul Gauguin, Guy Tillim dresse le portrait contemporain de ces « îles paradisiaques » si souvent fantasmées. En lisant les récits de voyages de l’équipage du capitaine Cook, il constate que les débats menés à bord de son bateau au sujet de la représentation du paysage sont très proches de ceux que nous avons aujourd’hui : dans quelle mesure « fabrique-t-on » une scène, et dans quelle mesure la laisse t-on s’exprimer pour ce qu’elle est ?


De fait, il exprime ses propres difficultés à trouver un moyen de faire face à cette dualité qu’imposent nos regards conditionnés par le cadre et le pittoresque. « Les premières impressions d’exotisme s’effacent au profit du constat que ce que l’on voit dans le cadre n’est plus vierge : le tropical porte les traces de la vie qui l’anime. La monumentalité spectaculaire est habitée par des petits riens du quotidien et la brume enveloppe le tout dans une atmosphère méditative. En se concentrant sur l’horizon et les bords à la fois, Guy Tillim nous apprend à déconstruire le cliché et à dépouiller l’exostime de tous ses oripeaux, comme le disait Victor Segalen au début du XXe siècle».


Second Nature II
Communiqué extrait du site internet de la galerie Stevenson Cape Town and Johannesburg

La deuxième partie du projet Second Nature a été réalisée à São Paulo en 2011. Ces images de rues semblent être l’antithèse des paysages Polynésiens, où l’omniprésence de la nature et de ses éléments (eau, vent et lumière) prédominent. Pourtant, en y regardant de plus près, il devient évident que Guy Tillim perçoit le paysage de ces deux lieux très contrastés de la même manière.


Dans toutes ses images, aucun point de vue conventionnel ou de sujet facilement reconnaissable n’est offert au regardeur. À la place, il propose un traitement identique aux nombreux éléments qui composent une image : une personne marchant dans la rue n’est pas plus importante qu’un panneau routier, un arbre, un passage piéton, ou un bâtiment étrange. Notre oeil erre et reste distrait par ces éléments identifiables, mais ne conclue jamais que ces derniers sont le sujet principal de l’image. Le paradoxe est que Guy Tillim photographie à la fois tout et rien en particulier, et confronte ainsi les notions de subjectivité et d’objectivité, en nous rappelant que les prémisses du projet Second Nature ne sont pas les qualités intrinsèques des paysages de Polynésie ou de São Paulo, mais la façon dont nous les percevons.


Guy Tillim, Second Nature

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