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  Su-Mei Tse, …et à l’horizon, il y avait l’orage
  Château des Adhémar, Montélimar

  12.04 - 31.05.2014

Extraits du dossier de presse


Violoncelliste de formation et fille de musiciens professionnels, Su-Mei Tse développe un univers plastique et sonore qui s'exprime dans un vocabulaire de formes minimales où l'harmonie s'impose. Dans une œuvre où se croisent de nombreuses références à sa double origine anglaise et chinoise, l'artiste opère une synthèse poétique du son et de l'image avec laquelle elle ambitionne de déplacer les angles de vue et d'insuffler des dynamiques au travers d'installations, de photographies et de sculptures. Jouant sur la relation des sens, elle déclare « L'oeil écoute, l'oreille voit ». Entre le visible et le bruit produit, naissent dès lors des variations des séquences au sein desquelles l'invisible prend tout son sens.











































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Su-Mei Tse, …et à l’horizon, il y avait l’orage

© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2014. Tous droits réservés

Au château des Adhémar, dans un dialogue intime avec l'environnement alentour, l'exposition ...et à l'horizon, il y avait l'orage se présente dans la dynamique d'un mouvement reliant hier et dmain. Avec une scénographie rythmée autour de pièces anciennes et d'oeuvres nouvelles, Su-mei Tse travaille à capturer le temps. Inspirée par la mémoire du lieu et de certains éléments architecturaux, elle explore la notion d'espace-temps en rapport avec l'historique du château. Face à l’histoire de celui-ci, l'artiste focalise sur la « trace » dans Time lapses, Shifted, un assemblage d'impressions photographiques sur bâches suspendues qui reflètent des surfaces du mur en pierre. À l'image d'une « empreinte », elle projette celui-ci sur un rouleau de papier qui se déroule, singularisant les étapes tout en les unissant. « Comme si l'histoire du lieu était gravée dans cette impression, à l'image de la bobine de notre mémoire qui archive ce qu'elle veut archiver. On aurait envie que ce mur chuchote les secrets de ces années d'existence... » (Su-Mei Tse). Lui fait face Bleeding Tools, une installation imposante qui signifie littéralement « outils de saignement ». Inscrite en résonances avec les origines asiatiques de l'artiste, l'écriture, l'écoulement, la vie sont présents dans cette œuvre symbolique au sein de laquelle des pinceaux de calligraphie, accrochés, gouttent doucement sur une feuille blanche.

Au 1er étage du logis, un paysage de mousse composé d'un lit de végétaux vivants aux tons vifs joue avec le gris austère des murs et fait écho au velours délicat de certaines périodes fastes du lieu. L'installation fait corps avec le sol comme un tapis de velours vert. À proximité, la projection vidéo d'une flamme de bougie dans une niche abonde l'illusion d'une vibration visuelle dans cet espace intimiste qui convie à une douce contemplation. Accrochées au mur, les photographies éponymes de l'exposition montrent des feuilles d'automne flottant sur l'eau, alors qu'on est au printemps. Le son s'inscrit de manière diffuse dans cet espace avec un rythme rapide qui entre en dissonance avec l'aspect contemplatif de l'ensemble de la salle. Simultanément se dessine une interrogation sur le lien entre nature et culture, sur la place de l'être face au monde, à l'image de la veine romantique qui vise à réunifier homme et environnement. Dans la loggia, Su-Mei Tse présente sa sculpture Vertigen de la vida, un carrousel musical qui, installé sur un socle central, capte toute l'attention dans son mouvement rotatif. La mélodie construit et conditionne l'intensité lumineuse des boules blanches selon des variations qui amènent à replonger dans des souvenir d'antan. Dans une ambiance qui mêle magie du son et féerie de l'image, l'artiste fait basculer le visiteur dans des sensations nostalgiques, enchanteresses et mnésiques.


Si la musique est le moyen privilégié d'exprimer l'univers dans son abstraction fondamentale, avec cette exposition elle devient visuelle grâce à la spatialisation qu'en propose Su-Mei Tse. Nous offrant sa vision de l'univers dans des pièces qui matérialisent l'observation scrupuleuse qu'elle fait du temps, l'artiste amène des réflexions d'ordre philosophique universelles qu'elle traite avec une simplicité évoquant l'esprit du haïku. Émane de cet ensemble une grande maîtrise dans la recherche d'équilibres qui, in fine, produisent une poétique de l'espace propre à nous faire basculer vers un ailleurs tout en nous ramenant vers l'évidence du « soi » ici et maintenant. Artiste plurielle vivant entre le Luxembourg et l'Allemagne, Su-Mei tse rappelle avec humilité, dans son travail, que « nous sommes une toute petite part de l'infini du temps », que les instants, tel l'orage matérialisé dans ses photographies, symbolisent des périodes houleuses de l'histoire, des moments de basculement vers autre chose : la douceur de la lumière sans nul doute…


Exposition du 12 avril au 22 juin 2014. Château des Adhémar Centre d'art contemporain, 24 rue du Château – 26200 Montélimar. Tél. : +33 (0)4 75 00 62 30. Ouverture tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h.


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